Cahier de Style n°46
Du

Dernière semaine avant la rentrée (je profite d’un dernier round à Carnac pour ma part) après cela, il faudra bien se résigner à ranger maillots, shorts, paréos ainsi que toute la panoplie à connotation trop estivale. Les bonnes choses ont toujours une fin… Retour donc à un vestiaire plus urbain tout en gardant à l’esprit que nous sommes toujours en été – enfin cette semaine nous ne risquons pas de l’oublier avec ce thermomètre qui s’emballe.
Le Qu’est-ce qu’on met de la Semaine

Lundi, avec la pièce du moment, tendance Balletcore oblige, le jupon – dans un tissu qui doit maintenir un bon volume et non un tissu fluide – on le porte avec un débardeur ou avec n’importe quel haut minimaliste – pas de blouse, ce serait hors sujet – et des chaussures dans le même esprit – ça peut aussi être des ballerines de type danseuse ou des mary jane (avec une bride).

Mardi, profitons encore de cette non-rentrée, en bermuda en jean ou en toile, un truc cool, pas apprêté. Le bermuda de costard attendra la semaine prochaine. Une blouse colorée, brodée, froufroutée à votre guise et des tatanes de vacances. Quelques accessoires chics feront la différence entre plage et ville (ceinture, lunettes xl, bijoux, sac).

Mercredi, la robe chemise passe à toutes les sauces – il suffit encore ici de switcher d’accessoires – sac en cuir en lieu et place du panier et pas de traîne-savates mais des vraies chaussures.

Jeudi, la combi reprend du service (à la pompe) – ici en rose elle est extra – avec des petits talons c’est encore mieux.

Vendredi, en jupe crayon en maille (crochet ou pas, frangée ou non), chemise en popeline nouée, largement ouverte, à plat ou en talon.

Samedi, en journée (à plat) ou pour le soir (mules à petits talons), la slip dress est parfaite (ici Massimo Dutti).

Dimanche, on ne se prive pas de ressortir le short, mais pas celui destroy de la plage, un bien propre bien net, avec une de vos blouses estivales préférées à qui il faudra bientôt dire bye bye jusqu’à l’année prochaine et des sabots birk boston ou assimilés, un panier direction playa, parc, terrasse, balcon, salon (cochez la bonne case).
6 Filles, 6 Styles
À chaque cycle de mode ses égéries… j’ai bien conscience qu’il n’y a pas d’universalité esthétique, il y a seulement des familles de styles. Personne ne détient la vérité absolue du bon ou du mauvais goût, c’est culturel ou générationnel, parfois les 2. Cette semaine je décrypte le style de 6 filles qui ont fait de la mode, elles aussi, leur terrain de jeu.

Katie Holmes colle au plus près des tendances et des designers du moment mais toujours avec naturel. Elle semble ne pas en être esclave. Elle opte avant tout pour le confort, ce qui est aussi notre cahier des charges, non ? Elle ose jouer avec les volumes, ce qui n’est pas si courant pour une Américaine, pour qui le culte du corps est obsessionnel et qui en premier lieu doit être mis en valeur (Beckman par ex). Elle est branchée sans en faire trop et sans tomber dans le jeunisme à tout prix. Perso, pour toutes ces raisons, je garde tout. Ce n’est pas grandiloquent mais c’est ma vision d’un style dans l’air du temps.

Gwyneth verse à donf dans la tendance quiet luxury. Des coupes des plus classiques dans de belles matières – du Bruno Cucinelli en veux-tu en voilà, de l’austérité le plus souvent contrebalancée par la coolitude des chaussures. On garde les pièces intemporelles impeccables, on lui laisse ses associations à la limite du boring.

Avec Bella Hadid, c’est toute la tendance Y2K qui s’exprime parfois pour le pire, néanmoins tout n’est pas à jeter. J’ai assez répété que si j’avais gardé toutes mes fringues de l’époque (fin 90 début 2000), je reporterais tout sans exception. Alors on laisse à cette génération leur réinterprétation plus que douteuse de cette période qu’elle n’a pas connue et on garde le meilleur. Les pantalons de costume ou à taille élastique et les jupes posées sur les hanches (et pas sur la raie des fesses), les robes fittées sans être moulantes, le noir, les hauts près du corps, les pantalons qui dégoulinent sur les chaussures, les cargos, les sacs baguettes, le minimalisme.

La frenchy la plus américaine a su se déjouer des affres de la fashion en créant sa propre grammaire stylistique. Il est impressionnant de constater que même ses plus anciens looks n’ont pas pris une ride. En associant luxe et fast-fashion, vestiaire de mec et pièces plus féminines, elle s’est créé un style intemporel. Son dada, les manteaux oversize. On garde tout, si on n’avait pas peur de finir par se lasser. Je dirais qu’on devrait toutes en prendre de la graine (pour le côté pérenne du dressing). En revanche, on lui laisse son accent pointu de New-Yorkaise lorsqu’elle parle anglais, son attitude de bêcheuse et son sourire hypocrite. Cette fille, je l’ai suivie pendant des années (c’est le 1er blog que j’ai découvert) et même si ce n’est plus le cas, j’ai une affection pour elle malgré tout, je pense qu’elle en a bien chié quoiqu’on dise. Allez Garance, on arrête cet air emprunté, on revient à une posture plus naturelle et ce sera parfait (comment je me la raconte moi).

Mannequin et influenceuse, Leia Sfez a le port altier d’une Carole Bouquet, à laquelle elle me fait penser. Tendance mais sans en faire trop à la limite du normcore sans être chiant (1 pièce mode à la fois), son allure fait le reste. On garde le principe de ne jamais en faire trop, de ne pas cumuler les it-trucs dans une même tenue. Si on pouvait, on garderait la meuf en entier non ?

La plus foldingote de toutes, The manrepeller (littéralement le repoussoir à mecs) n’y va pas avec le dos de la cuillère. Elle prend un malin plaisir à disrupter tout ce qu’elle touche en faisant fi des tendances, des familles de style, des saisons, de l’esthétisme, du bon goût… totalement politiquement incorrect ! On garde son humour (qui n’est pas si fréquent dans la mode), son second degré, sa liberté et sa fantaisie.
Le Quoi de 9 de la Semaine

Dans la foulée de la tendance naked-clothes, c’est sans surprise que la dentelle revient sur le devant de la scène. Vous me direz qu’elle n’était pas partie bien loin. Nous allons donc pas mal la revoir cet hiver. S’il n’est pas question de la porter à la mode influenceuses en mal de like (c’est-à-dire avec un string comme seul atour), elle permet au all-black de prendre un peu de relief ou d’upgrader un jean quand elle est traitée façon guipure. On fait gaffe qu’elle ne brille pas comme notre zone T, ce qui révélerait sa qualité douteuse, l’inverse exact de son fondement qui est la délicatesse.
La Couleur de la Semaine

On n’en a encore pas terminé avec le rose en cette rentrée, le carton Barbie en atteste. Pour autant, ce n’est pas dans la panoplie de cagole même féministe qu’on l’aime, n’est-ce pas ? Ce rose Malabar n’a pas son pareil pour mettre du rose aux joues, de la bonne humeur et du cœur à l’ouvrage surtout en ce retour de vacances, alors on ne s’en prive pas, même si ce n’est que par petite touche.
Le Coup de Coeur de la Semaine

Le WTF de la Semaine

Attendrait-elle sa canonisation ? Sainte Mathilde de la Fashionista sacrifiée sur l’autel des tendances, paix à ton âme. Le mystère de son passage sur terre reste entier. Venait-elle du futur ou bien du passé, nul ne le saura jamais. Je blasphème, je blasphème, 5 pater et 5 ave et
Chiao bye bye les filles, à la semaine prochaine !
