Aller au contenu

Les réseaux nous transforment-ils en pire version de nous-mêmes ?

J’ai déjà effleuré le sujet dans mon tout 1er post ici “I’m back”, j’aimerais aujourd’hui le creuser un peu plus, parce que ce truc à quand même fait un braquage dans la plupart de nos vies. Je pourrais même dire, comme à l’époque des guignols à propos de TF1, “ils nous bouffent notre temps de cerveau disponible”.

Merci de lire ! Abonnez-vous gratuitement pour recevoir de nouveaux posts et soutenir mon travail.

Alors bien sûr, les réseaux n’ont pas apporté que des naseries. Ils ont permis à certaines voix de dénoncer des ignominies tues jusqu’alors. Le #metoo, les violences faites aux femmes, la pédophilie systémique, toutes ces horreurs dont on ignorait l’ampleur. Je sais aussi, que selon nos affinités et nos marottes, nos réseaux ne se ressemblent pas. Mon Insta est constitué de comptes de mode (entre marques, influenceuses et girls next door comme moi) et d’informations. Je crois que le ratio comptes anxiogènes VS comptes légers n’est plus le bon. Ou bien, c’est justement le fait de mélanger la dureté des informations à la futilité extrême qui me fait boguer.

Insta ET L’algo ont besoin de nous définir et ,en nous définissant, ils nous restreignent et j’imagine le cercle infernal que cela représente lorsqu’on est coincé dans le personnage principal d’une seule et même souffrance/cause. Une femme qui a subi des abus ne peut pas être que ça. Le baume du “tu n’es pas seule” doit finir par t’engluer dans une histoire mortifère. Moi, c’est la mode, ça va je ne vais pas chialer.

Avec pas mal de recul maintenant, les spécialistes arrivent à bien analyser les comportements délétères que ces mêmes réseaux induisent, comme une perte de l’attention (vous saviez qu’aujourd’hui les mômes regardent des films en accélérés !?), une forte propension à la comparaison (que notre cerveau a du mal à tolérer), des troubles dépressifs, la montée du communautarisme, des problèmes d’aigreurs qui poussent certains à insulter sans aucun filtre, des ingérences extérieures qui ont pour visée de déstabiliser le pays et de nous mener aux affrontements (bon bah là c’est gagné), des deep-faces, de l’endoctrinement (comment appeler autrement certains médias dont l’idéologie dépasse de loin l’info factuelle ?), des fake news dont tout le monde se fout puisque la notion de vérité n’a plus aucune importance. Tant que ça fait le buzz, que ça booste l’algorithme c’est du pain béni. Et que dire des commentaires qui me font vraiment perdre foi en l’humanité. Sur tout et n’imp, y’a polémique (NE REGARDEZ PAS LES COM’ si vous tenez à votre santé mentale). Les mecs écrivent avec leurs pieds (faute d’orthographe à chaque mot) mais ils ont tous fait Bac +6 en géopolitique on dirait. Voilà, en gros, les méfaits des réseaux au niveau sociétal et c’est déjà bien la merde.

Comme disait Coluche “ce n’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule”. Bon bah la tout le monde peut la ramener (y compris wam) pour le meilleur et pour le pire (et le meilleur de certain est le pire des autres et vice et versailles). Ok, c’est une belle utopie mais l’utopie consisterait à s’écouter même lorsqu’on n’est pas d’accord. Hors, chacun parle dans son coin et s’enferme dans ses certitudes. Moi, à la base je suis allée sur Insta pour des Insta-parquet (ref encore à mon 1er post) ahah !

Alors pour laisser là notre impuissance à faire société, revenons à l’insta.nt léger. Ce pour quoi, ça m’a paru sympatoche de se brancher là dessus. Pour ma part, j’avais un blog de mode donc c’était la mode, pour avoir des échanges autour de ça, c’était il y a 15 ans. Les 1eres “influenceuses” commençaient à se voir attribuer les cadeaux des annonceurs. Depuis le début, c’est une dérive que je ne cautionne par car elle avance à visage masquée et moi je n’aime pas les masques, surtout qu’à l’époque, il n’y avait pas de réglementation à ce sujet. Ce job n’existait pas. Encore aujourd’hui, ce n’est jamais très clair. D’ailleurs, j’aimerais beaucoup connaitre les statuts de ces boîtes. J’imagine qu’ils permettent de passer en frais des choses qui sont considérés comme des ABS dans d’autres secteurs (abus de bien social) – fringues – restos – vacances. Ça me rappelle une discussion avec mon ex belle-soeur, que nous avions eu à propos d’un film avec Demi-Moore et David Duchovny, de 2009 “la famille Jones”. Une famille “témoin” parachutée dans une petite banlieue chic américaine, qui faisait l’admiration de tous, ce qui avait pour effet d’être copiée – achat des mêmes voitures, mêmes fringues, mêmes mobiliers… En fait, ils étaient acteurs et faisaient du placement de produit pour les marques. Ma belle-soeur criait au génie et moi, je trouvais que c’était d’un cynisme odieux (je t’aime quand même Aurore). Alors ouais sans doute que j’ai un sens de l’intégrité un peu trop développé et que de ce fait, je suis totalement inadaptée au marché. Mais je n’ai jamais pigé qu’une présence sur les réseaux, à faire une tof avec ton outfit était un taf ! Ok, il y a des filles qui se cassent un peu plus la nénette que les autres en t’offrant par le menu leur journée en stories – de la skin care du matin dans la salle-de-bain, à la séance de sport, au dej avec les copines, au rv palper/rouler (nous dans la farine), j’en passe et on s’en ballec de ta vie, le tout en nous refourguant 32 codes promo pour acheter de la lessive, de la confiture, des gelules spécial ménopause (ouais bah clairement faut bien avoir un brouillard mental pour gober tout ça), des fringues merdiques que tu retrouves sur leurs Vinted. Alors oui, elles sont parfois très sympathiques (manquerait plus qu’elles mordent) mais faut bien se mettre dans le crâne que nous sommes les dindons de la farce. Non non, nous ne sommes pas des Instamimis, nous sommes leur gagne-pain. Alors oui, elles ont bien raison de nous brosser dans le sens du poil pour continuer à avoir une vie de plaisir pendant que les autres triment pour de vrai. C’est quand même du grand foutage de gueule cette histoire, non ? (tu la sens poindre l’aigreur là ? ) 🙂

Forcément, ce business crée des vocations. Pas besoin d’être recrutée (tout de même validée sinon ça ne marche pas si t’as juste ta millefa qui te suit). Mais au fil des temps, j’ai vu des forceuses, de celles qui ONT décidé d’être influenceuses en postant en postant en postant, en cherchant des featuring comme dans la musique – tu captes l’audience de ton invité et inversement – et puis il y a celles qui voudraient bien mais qui n’y arrivent pas, qui fustigent les algos (vraiment trop injustes) ou les gens qui “stalke” sans interagir. Déjà que c’est chronophage, si tu dois mettre un com’ à chaque fois, t’es pas arrivée. 100% des gagnants ont tenté leur chance, mais 99,99% des perdants aussi.

Bref, une fois passé le seuil de followers décent pour attirer les annonceurs, tu te fous devant ton trépied, tu fais une petite danse de la joie pour donner le moral aux troupe.aux, tu tchaches un peu pour la pseudo proximité (vous êtes tellement formidables) et bim le télé-achat peut commencer. MAIS VOUS N’AVEZ PAS D’AMIS LES GENS OU QUOI !!!! (je m’inclus). Qu’est ce qu’on fout à mater pendant des heures des trucs qui ne nous apportent rien de rien. J’en ai viré pas mal et je me suis même fait bloquer par la célébrité aixoise qui ne supporte aucune contradiction. Attention hein, je ne suis pas une hater, je n’ai qu’à passer mon chemin si ça ne me plait pas, mais j’imaginais naîvement qu’un avis contraire à celui de la personne était envisageable, mais à priori, non, il faut abonder sur tout.

Là, on sent bien qu’il y a une baisse d’audience (c’est ce que les oins oins d’Insta semblent indiquer) et qu’il y avait de toute façon embouteillage niveau influenchieuses. En même temps c’est normal, le deal marchait sur le principe de l’identification alors quand la nana devient une princesse ça ne fonctionne plus. 70% des français ont une mauvaise image des influenceurs selon un sondage, pourtant 1 tiers fait tout de même confiance à leurs recommandations (!!) et 1 français sur 4 a déjà acheté après un partenariat (!!!!) Sont fous ces Gaulois. Je n’ai pas le souvenir d’avoir acheté quoi que ce soit… La seule reco, c’est un complément alimentaire pour la méno de chez Miye, à 3x le prix du Taïdo et totalement bullshit, on ne m’y reprendra plus.

Pour aller plus loin dans le fishing, les nombres de followers, de likes ou de commentaires ne suffisent plus pour connaitre le taux de transformation des influenceuses (qui vend et combien). C’est pourquoi, vous avez dû remarquer que les filles ne donnent plus les références de l’article que sur DM afin de vous identifier et aussi + il y a de commentaires + l’algo vous pousse.

Article dans le dernier Time France

Alors, il y a une transhumance d’Insta vers Substack. Le plaisir retrouvé d’écrire, comme à l’époque des blogs, le fait de remettre un peu de sens après des années à scroller comme des vaches qui regardent passer les trains. Mais comme il faut bien vivre ma bonne dame, de plus en plus d’abonnements deviennent payants. Le mien ne le deviendra jamais. Je l’ai fait pour mes cahiers de style mais cela représentait un travail quotidien (récupérer des photos, faire des montages, trouver des angles, écrire, s’informer), une newsletter prend seulement quelques heures à écrire alors, à moins d’être mordue de la meuf ou qu’elle propose un contenu lourd et pas “mes micros changements de la semaine” (toute ressemblance avec une personne existante ou ayant existée n’est que fortuite), je trouve ça hors sol. Je ne vais pas me taper 50e/mois (si je m’abonne à 10 newsletters par ex) alors que pour 10e j’ai un abonnement Netflix qui me permet de rester dans mon lit à vie, si je veux, à mater des séries/films (non je ne veux pas).

Mon intégrité fera que je serai toujours une inadaptée de ce putain de monde capitaliste. ah ah

A la semaine prochaineeeeeeee !

Merci de lire ! Abonnez-vous gratuitement pour recevoir de nouveaux posts et soutenir mon travail.

Lire cet article sur Substack